La nage du blessé

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L’enjeu de cette situation est capital pour la grande évasion et en particulier pour la réussite de la diagonale. En effet une des compétences à acquérir dans notre démarche est d’être capable d’identifier un état de fatigue prononcée et d’y remédier en changeant de mode de nage afin de poursuivre son déplacement. Le mode dorsal, est moins exigeant d’un point de vue énergétique et permet de se déplacer longtemps ''sans se fatiguer''.

 

Nous avons donc fait le choix de proposer aux élève un mode de déplacement sur le dos le plus économique possible sur le plan énergétique, car la distance à parcourir pour des enfants de cet âge et de ce niveau est longue (environ 30m pour la diagonale). En outre, ce mode de déplacement a l’avantage de ne pas trop perturber l’équilibre dorsal des élèves qui reste précaire. Pour la majorité d’entre eux, leur imposer un dos crawlé les conduirait à l’échec. Le fait de garder les mains dans l’eau et de nager sans faire de bruit ni de vague, permet de conserver, de stabiliser cet équilibre encore précaire. Ce mode de déplacement est appelé la nage du blessé, car dans le scénario c’est la nage qu’on conseille aux élèves d’utiliser lorsqu’ils sont « blessés » ou très fatigués.

 

Dans un premier temps, les enfants vont devoir accepter et vivre l’équilibre dorsal de façon passive, aidé en cela par un camarade et du matériel de flottaison en petit bain. Il s’agit ici d’obtenir une posture permettant de maintenir un équilibre dorsal horizontal. Il sera demandé aux élèves « d’être droit comme un I et dur comme un bâton » pour obtenir un bon placement du bassin et un état de tonicité propice au maintien de cet équilibre. En outre, le placement de la tête est primordial ; la consigne est alors de « regarder son sauveteur les yeux dans les yeux ».

Une fois cet équilibre stabilisé, l’élève toujours équipé du matériel va commencer à se déplacer seul. Il faut cependant veiller à ne pas aller trop vite, et à bien vérifier que la posture soit acquise. Pour ne pas perturber cet équilibre, nous allons demander aux élèves de « pousser l’eau vers ses pieds sans faire de bruit, ni de vagues ». Cette consigne induit un maintien des mains dans l’eau plus facile à réaliser pour des élèves de ce niveau qu’un retour aérien qui mettrait l’élève en difficulté

Lorsque la posture et la godille seront suffisamment renforcées, nous allons pouvoir ôter le matériel. L’élève devra alors ajouter des actions propulsives des jambes pour maintenir cet équilibre. Un des principes de « la grande évasion » est de partir de ce que sait faire l’élève, nous lui proposons des réponses motrices au problème posé, et l’élève choisit celle qui lui convient le mieux. Ainsi, l’élève pourra coordonner ses godilles mains avec soit du battement crawl, soit du ciseau de brasse. L’enseignant doit à ce moment rester vigilant sur le placement du bassin et de la tête.

Enfin, dans la perspective de la diagonale, l’élève doit apprendre à passer d’un équilibre ventral à un équilibre dorsal sans rompre la continuité de son déplacement. Nous proposons pour cela 2 réponses possibles : - passer d’un équilibre à l’autre en repassant par la verticalité vriller.

Dans un premier temps, les élèves réaliseront des coulées en petit bain pour « glisser dans un tunnel long et étroit sans faire de bruit » , l’enseignant insistant ici sur la tonicité de l’élève et sa capacité à ''se faire grand''. Puis les élèves devront vriller sur le dos pendant la phase de glisse pour continuer la coulée en position dorsale.Les élèves pourront alors combiner une coulée, un passage sur le dos, et ils finiront la largeur de bassin par un déplacement dorsal.

Enfin, la dernière situation sera une « répétition » de la diagonale : réaliser une coulée, se déplacer le plus longtemps possible sur le ventre, vriller et terminer sur le dos. 

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