Le Brancardier

Icône de l'outil pédagogique Le cycle d'enseignement

C’est l’histoire de deux compagnons de cellule unis dans la préparation de leur évasion : quoi qu’il arrive, ils seront prêts à s’entraider pour parvenir à leur fin.


Nous avons choisi de démarrer la GE par cette tâche car elle met en jeu des éléments essentiels de notre démarche permettant de surprendre l’élève sans le brusquer , à savoir :

  • La confrontation immédiate à la grande profondeur et l’immersion qui sont deux incontournables de la construction du nageur.

  • L’écoute de ses sensations et le développement de la notion de plaisir dans la glisse.

  • Le côté ludique et inhabituel de la tâche comparativement à un enseignement plus traditionnel.

  • L’organisation collective de l’activité

L’enjeu de cette tâche est double.

Il s’agit d’une part d’adopter une posture favorisant l’allongement du corps et donc une diminution des résistances à l’avancement ET d’autre part de faire vivre aux futurs évadés une expérience plaisante de mise à plat du corps en grande profondeur.

Pour cela, nous allons contraindre l’élève pour lui permettre d’éprouver une technique corporelle attendue. Nous utilisons le phénomène de portance. Il s’agit de créer artificiellement une vitesse pour horizontaliser le corps de l’élève.

L’objectif étant à moyen terme que l’élève crée lui-même cette vitesse tout en maintenant la posture de glisse.

La réponse motrice que nous attendons est le résultat de l’intention de l’élève. Cette intention n’a de sens que par rapport au scénario. Commençons donc par planter le décor : lors de l’évasion, il y aura certainement des blessés, mais il n’est pas question de les abandonner ou de les laisser se débrouiller seuls. Entraînons-nous à remorquer un camarade blessé à l’aide d’un rondin de bois.


Icône de l'outil pédagogique Description de la tâche

Les élèves sont par deux : un élève est sur le bord et joue le rôle du sauveteur. Un élève est dans l’eau et joue le rôle du blessé. Faites attention aux gabarits !!!

La tâche du sauveteur consiste à tirer son blessé à l’aide du rondin sur toute la longeur du bassin. Pour cela, il est important qu’il marche vite avec le bras tendu au-dessus de l’eau. La vitesse donnée par le sauveteur est l’élément déterminant de la tâche : sans elle, le blessé ne s’allongera pas.

La tâche du blessé est de s’allonger complètement sur le ventre et d’être dur comme un bâton. Nous lui demandons de faciliter au maximum le travail du sauveteur. Pour cela, nous avons fait le choix de contenus limités : bras tendus, jambes tendues et serrées, oreilles sous les bras le plus souvent possible.

Icône de l'outil pédagogique Etapes et précautions

La première étape de cette tâche

La première étape de cette tâche consiste à construire cette position de référence en natation que nous retrouverons plus tard lors du travail des coulées. Pour cela, les élèves répétent un maximum de fois cet exercice. Il s’agira alors pour le chef d’évasion, c’est-à-dire le professeur, d’insister sur la mise en œuvre des contenus et d’encourager les immersions.

Le comportement prometteur que nous pouvons souligné est l’alignement du corps et l’allongement maximal ainsi que des immersions de plus en plus fréquentes et de plus en plus longues. Les élèves font part également du plaisir qu’ils éprouvent en glissant en demandant à leur sauveteur d’aller plus vite.

La deuxième étape

Dans un deuxième temps, un changement dans le scénario oblige le blessé à terminer seul la longueur sur quelques mètres : en effet, il y a un tunnel long et étroit à traverser. Le sauveteur ne peut plus accompagner son blessé, ce dernier doit le traverser seul. Pour cela, le blessé DECIDE de lâcher le rondin et de se laisser glisser sans se déformer jusqu’au mur. Il est important que le blessé est une vitesse suffisante pour glisser, il sera donc demandé au sauveteur d’accélérer le pas. La forme du tunnel donne l’intention à l’élève : conserver une posture bras tendus, tête rentrée, corps gainé et jambes serrées durant la phase de glissée. Selon le niveau des élèves, la phase de glisse sera plus ou moins longue, voire inexistante pour certains.. A ce moment, la force de persuation et de conviction du chef d’évasion est importante pour que l’élève prenne la décision de lâcher le rondin.

Précautions

Attention, il est indispensable que l’organisation matérielle régule le flux des élèves afin que les sauveteurs prennent de la vitesse sur le bord.

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