Le ciseau de brasse

Icône de l'outil pédagogique Le cycle d'enseignement

Intérêts/Enjeux :

Le ciseau de brasse ou « signe de reconnaissance» est un apport particulièrement ciblé pour les élèves qui relèvent de la grande évasion, élève en échec vis-à-vis d’autres choix didactiques plus traditionnels.

Notre option est ici de leur apporter une solution motrice supplémentaire afin qu’ils puissent, par la suite, l’utiliser ou non , car rien n’est obligatoire dans l’épreuve finale de la traversée.

Il ne s’agit en aucun cas d’un apprentissage du ciseau parfait, mais plutôt d’une possibilité nouvelle liée à une INTENTION précise dans le PROJET du prisonnier.

Ainsi, cette solution n’est pas seulement une possibilité de propulsion et de déplacement, elle est aussi un moyen de rester sur place, tout autant qu’elle permet de s’immerger plus facilement par une émersion préalable.

L’apprentissage du ciseau de brasse nous est apparu incontournable dans la quête de sérénité, de confiance en soi et d’autonomie de ces jeunes habitués à l’échec à la piscine. Rassurés par ce nouveau possible, ils ont à la fin tout loisir d’utiliser le ciseau à leur guise dans des intentions différentes : RESTER SUR PLACE - S’IMMERGER

Ou comme nous venons de le voir, NAGER LONGTEMPS sans fatigue et en perturbant moins leurs repères de terrien (par la conservation des informations visuelles).

Icône de l'outil pédagogique Acquérir la structure du mouvement ''ciseau de brasse''
La 1er situation est étonnante au premier abord, puisqu’elle plaque les élèves hors de l’eau, face à un mur. Elle a néanmoins le mérite de coller au scénario et d’étonner les jeunes prisonniers qui s’y investissent d’autant mieux.

Le ventre est collé au mur afin de contraindre le mouvement en flexion de genou vers l’arrière. Ceci afin d’éviter le plus possible la flexion de hanche vers l’avant qui amènerait le ciseau sous le ventre et freinerait ensuite le déplacement dans l’eau.

Afin de coller à l’ETAT D’ESPRIT ''Grande Evasion'' et au statut de prisonnier des élèves, le mouvement de ciseau est appelé « signe de reconnaissance » :

(ATTENTION !! Les gardiens se doutent des préparatifs d’évasion, et certains vont surement essayer de se glisser parmi nous pour avoir des informations sur nos plans !! Il faut nous distinguer par un signe connu de nous seuls, que nous allons faire sous l’eau, avec les jambes.)

Les termes choisis sont à la fois imagés dans un vocabulaire de futurs évadés, et renvoient aussi chacun à une action plus ou moins énergique qui aura pour but de rythmer les étapes du ciseau…

Les jambes deviennent les fusils des prisonniers qui vont :

  • ARMER… le fusil
  • VISER… le voisin
  • TIRER vers le côté et RECHARGER en resserrant les jambes tout de suite.

Il est possible de reproduire avec les bras les gestes à effectuer avec les jambes.

Les 2 premières actions nécessitent du temps et de l’application (pour armer et surtout viser), tandis que les 2 suivantes doivent se faire le plus vite et énergiquement possible (tirer-recharger).

L’intégration du rythme est ici tout aussi importante que la compréhension précise des gestes à effectuer.

L’INTERVENTION DE L’ENSEIGNANT est primordiale à 2 niveaux : pour le rythme dans la voix, et pour la manipulation des chevilles et des jambes pour des sensations corrigées plus fines.


Icône de l'outil pédagogique Réaliser un ciseau de brasse dans l'eau
L’étape suivante vise à effectuer le ciseau avec les 2 jambes en même temps, avec les mêmes contraintes que précédemment.

Les élèves sont plaqués au mur, en appui au bord sur les avants bras.

Assez vite, certains remarqueront qu’ils se sentent remonter à la surface par la poussée des jambes vers les côtés et le bas… d’où l’association du ciseau à l’INTENTION se sortir les épaules de l’eau… avant de chercher à sortir les épaules de l’eau pour mieux se laisser glisser sous l’eau par une immersion immédiate.

Cette situation peut être également faite avec une frite sous les aisselles dans l’intention de SAUTILLER.

La manipulation des jambes et des pieds sous l’eau pour un ressenti direct est à nouveau incontournable pour lever certains blocages ou incompréhensions. Le rythme et l’énergie ne doivent jamais non plus quitter notre esprit ni celui des élèves.


Icône de l'outil pédagogique Réaliser un ciseau brasse pour avancer

Pour réaliser un ciseau de brasse pour avancer, les prisonniers sont d’abord placés avec une frite sous les aisselles dans l’intention d’aller vers l’avant et non plus pour sautiller. Les élèves tâtonnent, surtout pour replacer les bons mouvements au bon rythme dans le grand bain.

Le rôle de l’enseignant qui repositionne les pieds ou donne le rythme du mouvement reste primordial, et il ne faut pas s’interdire ponctuellement de retourner au petit bain.

Une fois la structure intégrée et l’efficacité vars l’avant trouvée, les prisonniers sont appelés à coupler les jambes avec un mouvement de bras, en alternance, en liaison avec l’utilisation des mains et bras faite en chevauchée et en sur place. L’INTENTION est alors de faire de grands cercles avec les mains dures, sans faire de bruit, en creusant vite pour ramener lentement les bras tendus devant soi l’1 contre l’autre.

Le rythme dans la voix et les mots de l’enseignant aident le jeune prisonnier à « armer…viser… tirer-recharger », de manière « lente…lente… VITE ! ».


Icône de l'outil pédagogique Associer la brasse à l'intention de ''durer sans fatigue''

Dès que la structure avec frite le long du bord est acquise, les élèves doivent pouvoir tester une nouvelle autonomie et lever les inhibitions liées à l’éloignement du bord.

Il faut les inciter à s’éloigner du mur vers la ligne d’eau, avec possibilité de laisser un enseignant (ou MNS ou P.E.) hors de l’eau, et un enseignant dans l’eau pour rassurer et veiller au plus près à la sécurité. 

Il s’agira peu à peu d’abandonner la frite, d’allonger les distances en enlevant 1 ou 2 lignes d’eau, le tout en associant le travail fait en brasse avec les progrès effectués en dos, en insistant sur le passage ventral-dorsal.

Dans les dernières séances, le futur évadé devra pouvoir combiner le déplacement avec 1 sur place et une immersion, le tout en utilisant le ciseau dans des intentions différentes.

Parallèlement à la nage du blessé qui est associée à la récupération sur le dos, la nage brassée est liée constamment à l’INTENTION prioritaire de durer, de nager avec économie, « sans faire de bruit », tête émergée…


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